Laboratoire d’Innovation Numérique de la CNIL + Mon Oncle / 2025
Que deviennent nos traces numériques à notre mort ? Cette question, posée par les équipes de la CNIL dans leur dixième cahier IP – Nos données après nous – a été l’occasion d’un nouvel exercice de Design Fiction, Post-Mortem, qui explore les imaginaires du deuil, de la transcendance ou de l’héritage à l’ère du numérique.
À propos du projet
Trois ans après Climatopie, le projet Post-Mortem est un nouvel exercice de Fiction Prospective mené conjointement avec les équipes du Laboratoire d’Innovation Numérique de la CNIL et explorant, cette fois, les liens unissant nos données numériques personnelles et les imaginaires de la mort.
Mené de mai à octobre 2025, le projet explore nos usages numériques et la façon dont la mort les perpétue ou les bouleverse, et ce autour de quatre thématiques : le souvenir, les fantômes, la transcendance et l'héritage commun.
— Ce qui ressort de nos examens supplémentaires, c’est que l’accident vasculaire de votre père a en réalité révélé une… une sorte de faille dans le fonctionnement de SecondBrain, avoua le professeur Kendall devant les trois enfants Langlois, quelques jours après le réveil de leur père. Je vais essayer de vous expliquer ça de la manière la plus simple possible.
Personality Split
Reprenant la méthodologie de Design Fiction déjà déployée lors du projet Climatopie, Post-Mortem s’est d’abord attaché à explorer les imaginaires collectifs liés au numérique et à la mort : films, séries, jeux vidéo, mais également expériences de design ou innovations qui s’attachent à la conservation de nos souvenirs ou à l’extension de notre expérience de vie par le biais du numérique.
Une enquête contributive a ainsi permis de mettre en avant la façon dont la mémoire et la mort numériques apparaissent dans les fictions (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Black Mirror, Faust, La promesse de l’aube...), mais également comment le réel s’y confronte via les deadbots (les expériences d’Eugenia Kuyda ou l’émission coréenne Meeting You), les hologrammes (comme ceux de Tupac Shakur ou les réincarnations de Peter Cushing dans la trilogie préquel Star Wars), ou encore les initiatives de sauvegarde patrimoniale du Net.
— Mais, sans vouloir relancer un vieux débat, est-ce qu’une autrice qui a eu recours à l’intelligence artificielle pour créer ses histoires mérite réellement d’être présente dans La Pléiade, auprès de Marcel Proust, d’Ernest Hemingway ou de Michel Bussi ?
PléIAde
Sur la base de ces imaginaires, quatre nouvelles inédites ont été imaginées en collaboration avec Julie Girardot : Personality Split, Pour toujours auprès de vous, Server Error 506 et PléIAde, chacune extrapolant un futur peuplé d’implants triant nos souvenirs, d’hologrammes de nos chers disparus ou d’auteurs exploitant l’intelligence artificielle dans leurs œuvres.
Expérience de Fiction Prospective complète, l’ensemble du projet Post-Mortem est accessible en ligne.
- Projet mené avec Julie Girardot/studio jigé pour l'identité graphique et la rédaction de deux nouvelles.
En savoir plus
- Post-Mortem.Cloud.
- Cahier IP n°10 : Nos données après nous (Laboratoire d'Innovation Numérique de la CNIL).
- Replay de l’évènement air2025 de la CNIL : présentation du projet Post-Mortem à 01:50:00.
- Explorer les imaginaires de la mort et du numérique (Les Idées de Mon Oncle).
